source : Alexandro Jodorowsky La sagesse des contes
Un jour un mendiant frappa à une porte pour demander la charité.
Un homme vint lui ouvrir :
"Auriez vous un peu de pain à me donner ?" demanda le mendiant.
"Certainement pas ! repondit le proprietaire de la maison. Je ne suis pas boulanger.
Passe ton chemin ! "
"Peut être auriez vous un peu de viande ? "
" Encore moins, je ne suis pas boucher! Va-t-en !"
" Un peu de farine alors ? "
" Mais non ! cette maison n'est pas un moulin ! n'insiste pas ! "
" Et un peu d'argent ? pourriez vous me donner un peu d'argent ? "
" Ca suffit ! je ne suis pas une banque ! Hors d'ici ! "
" Puisque vous ne pouvez rien me donner, insista le mendiant, pouvez vous au moins me permettre de me reposer à l'ombre, dans votre maison ? "
" Assieds toi là! " dit l'avare excédé, montrant une chaise à l'intérieur.
Le mendiant pénétra dans la maison et commença aussitot à y faire ses besoins.
" Mais que fais tu là ? " hurla le proprietaire sidéré.
" Dans un lieu aussi inutile, je ne vois rien d'autre à faire que de chier !"
C'est encore une histoire de Rûmi.
Quelle est mon utilité si je ne suis pas généreux ?
La maison pourrait symboliser l'égo et toutes ses richesses. Si je ne suis pas capable de partager ce que je possède, je suis digne d'être pris pour un lieu d'aisances.
▲ Le 13 février dernier, au Parlement européen, un amendement a été déposé demandant que celui-ci « s’engage
à respecter le résultat du référendum
irlandais sur la ratification du traité de Lisbonne. »
▼ 46 députés français ont voté contre cet amendement : 33 UMP et divers droite, 8 Modem et Nouveau Centre, 22 PS et 3
Verts.
▼ Après la France, l’union sacrée des tenants de l’Union européenne décide
donc de ne pas respecter le vote du peuple
irlandais.
• Que peut-on penser d’un Parlementqui décide par avance de ne pas respecter le vote des peuples ?
▼ Ce vote nous éclaire sur le rôle du Parlement européen comme institution de l’Union européenne.
*Transmise par un médecin du CHU, qui l'estime 'assez réaliste'. _
- 'Bonjour ! C'est la réception ? J'aimerais
parler avec quelqu'un à propos d'un patient qui se trouve chez vous. J'aurais souhaité connaître son état de santé, savoir s'il va mieux ou si
son problème s'est aggravé.'
- 'Quel est le nom du patient ?'
- 'Il s'appelle Jean Dupont et il est à la chambre 302.'
-'Un instant je vous prie, je vous passe l'infirmière.'
Après une longue attente
- 'Bonjour, ici Françoise l'infirmière de service. Que puis-je pour vous ?'
- 'J'aimerais connaître l'état du patient Jean Dupont de lachambre 302.'
-'Un instant je vais essayer de trouver le médecin de
garde.'
Après une plus longue attente :
- 'Ici le Dr. Jean, le médecin de garde ; je vous Écoute.'
- 'Bonjour Docteur, je voudrais savoir quel est l'état de Monsieur Jean Dupont, qui se trouve chez vous depuis 3 semaines à la
chambre 302.'
-'Un instant, je vais consulter le dossier du
patient.'
Après encore une autre attente :
- 'Huuuummm, le voici : il a bien mangé aujourd'hui, sa pression artérielle et son
pouls sont stables, il réagit bien aux médicaments prescrits et normalement on va lui enlever le monitoring cardiaque demain. Si tout continue comme ça encore 48 heures, son médecin
signera sa sortie d'ici le Week-end.'
- 'Aaahhh ! Ce sont des nouvelles merveilleuses ! Je suis fou de joie.
Merci.'
- 'Par votre façon de parler je suppose que vous devez être quelqu'un de très
proche, certainement de la famille ?'
- 'Non, Monsieur ! Je suis Jean Dupont moi-même
et je vous appelle du 302 ! Tout le monde entre et sort ici de ma chambre et personne ne me dit rien. Je voulais juste savoir comment je me porte.'
La grande
consultation des enseignants vantée par Xavier Darcos n'est-elle qu'un cache-sexe? C'est ce que commencent à croire de plus en plus de professeurs des écoles, alors que le ministre de
l'Education nationale vantait pas plus tard que le 20 février la dynamique consultative dans sa présentation officielle des nouveaux programmes.
Sur le site du ministère de l'Eduction nationale, undocument de présentation daté du même jour porte d'ailleurs la mention explicite:
"Les nouveaux programmes de l'école primaire. Projet soumis à consultation."
Un "appel des 19" contre la réforme
Le 29 mars, un cortège de pédagogues ont publié "l'appel des 19". Cette lettre adressée à Xavier Darcos est signée des "responsables de 19 organisations du
monde éducatif et spécialistes", disponible sur Internet, dénonce "un appauvrissement sans précédent des apprentissages":
"Loin de contribuer à la réussite de tous les élèves, il pénalisera de fait ceux qui ont le plus besoin d’école. Il ne favorisera pas la maîtrise de l'ensemble des
connaissances et des compétences que l'école se doit de faire acquérir à tous les élèves. Il tourne le dos à l’ambition des programmes de 2002, qui était de doter tous les
élèves des outils nécessaires pour réussir au collège."
Entre le 30 mars et le 4 avril, les auteurs de l'appel des 19 affirment avoir recueilli pas moins de 14 435 signatures électroniques à leur pétition.
Officiellement, tout indique donc que rien n'est encore acté. Seulement voilà: des enseignants, de plus en plus nombreux à nous contacter, affirment avoir reçu dans leurs écoles des specimens
destinés à la rentrée prochaine, tenant compte des changements soumis à consultation. Les enseignants s'interrogent: a-t-on fait semblant de les associer à la réforme? Les éditeurs ont-ils pris
l'initiative d'acter de futures modifications, alors même que rien n'avait été décidé?
Hélène Gaborit, professeur des écoles à Alfortville, à la sortie de Paris, se sent flouée:
"Le samedi 29 mars, tous les enseignants de mon école ont été réunis. On a téléchargé les programmes sur Internet, puisqu'ils ne nous ont pas été envoyés, et nous en avons discuté. Mardi 2
avril, au retour du week-end, je découvrais comme d'autres collègues des manuels scolaires envoyés par les éditeurs.
Or ces spécimens prennent acte de plusieurs modifications, notamment en lecture et en calcul. On ne va pas nous faire croire que les éditeurs les ont écrit en un week-end, surtout si la
consultation est encore en cours! De qui se moque-t-on? "
Précipitation
Aujourd'hui chargée d'une classe à double niveau CP-CE1, elle enseigne depuis 1982, et n'est pas syndiquée. Elle qui n'a pas souvenir d'une consultation de cette ampleur sur le contenu des
programmes depuis le début de sa carrière dénonce "la précipitation dans laquelle le ministère a agi":
Côté ministère, on soutient qu'aucun programme officiel n'a pour l'heure été adopté:
"La consultation court jusqu'au 15 avril, date à laquelle on étudiera les remontées des enseignants, qui peuvent pour l'instant consulter l'ébauche des textes sur notre site."
Et les spécimens des maisons d'édition reçus par les enseignants?
"Ca, c'est avec les éditeurs qu'il faut voir. Au ministère, ça ne nous concerne pas. Libre à eux d'imprimer les livres qu'ils veulent, il n'y a rien à en dire..."
En fait, la réponse un peu crispée des services du ministère de l'Education nationale révèle la tension qui entoure ce dossier. Y compris chez les éditeurs, d'où il se dégage une impression
générale de cacophonie.
Au service communication de Hatier, on fait valoir un peu vertement que "contrairement à d'autres éditeurs sur la place de Paris, la maison n'a justement pas décidé d'envoyer de specimens avec
les modifications. Vous croyez quoi: qu'on teste nos manuels auprès des enseignants, comme si c'étaient des cobayes?"
"Pour les éditeurs, c'est une vraie catastrophe"
Mardi 2 avril, l'école Victor-Hugo d'Alfortville, où enseigne Hélène Gaborit, recevait deux exemplaires de manuels scolaires de chez Bordas, estampillés "Nouveaux programmes 2008 soumis à
consultation", et un autre specimen, de Nathan, sur lequel était indiqué en tout et pour tout "Edition 2008", sans autre mention de la consultation. D'autres enseignants relèvent qu'on a accolé
la mention "Nouveautés 2008" sur certains exemplaires.
Nathan s'étonne pour sa part de "cette polémique":
"Les plans d'édition sont prévus sur le long terme, et on espère bien que ce sera conforme aux changements définitifs. Bien sûr, on va toujours dans le sens du vent, et heureusement: nous
sommes des entreprises privées, notre but est de donner satisfaction aux enseignants. Nathan n'a pas d'avis à donner sur la consultation du ministère."
Responsable des manuels de primaire au sein de la même maison d'édition, Mahin Bailly, va plus loin et plaide:
"En primaire, on sait pertinemment que des enseignants travaillent avec des manuels complètement périmés car il n'y a pas de budget pour renouveler le parc pour chaque enfant. En outre, nous
avons notre liberté d'éditeur et les auteurs font des choix.
Dès que nous avons pris connaissance des changements, début février, nous avons remanié certains contenus par rapport au document, en fonction de ce qu'il était vraisemblable d'imaginer du
nouveau programme."
Chez Bordas, on ne conteste pas que les changements en cours engendrent "une vraie catastrophe":
"L'usage, c'est que nous disposions d'un laps de temps suffisant pour écrire nos ouvrages, près de 14 mois en général. Nos manuels avaient besoin d'être rénovés, nous avons donc entrepris une
nouvelle édition pour la rentrée scolaire 2008. Fin janvier, les épreuves sont parties chez l'imprimeur. Soudain, Nicolas Sarkozy annonce une vaste consultation, relayé par Xavier Darcos.
Pour nous, c'est un drame: il a fallu rattraper in extremis les exemplaires, en précisant bien par une astérisque que certains changements étaient soumis à consultation. Nos catalogues
étaient déjà faits.
Nous avons décidé d'envoyer quand même les manuels, soit 80 000 copies adressés aux écoles primaires pour qu'elles puissent faire leur choix et passer commande. En croisant les
doigts pour qu'il n'y ait pas trop d'évolution d'ici la rentrée de septembre, sinon il faudra tout refaire durant l'été."
Que penser, alors, des remarques de certains professeurs des écoles qui pistent depuis quelques jours les similitudes entre les programmes des specimen et le document soumis à la consultation?
Toujours chez Bordas, on en vient à juger que "ce serait un heureux hasard: nos manuels ne seraient pas complètement à refaire!":
"On prend aussi la température sur le terrain. Quand on prépare un ouvrage, on espère que les conseilleurs qui nous font remonter des modifications éventuelles connaissent leur sujet. Il faut
bien anticiper."
Quiproquos entre éditeurs et gouvernement? Amateurisme? Consultation hypocrite? Les critiques du monde enseignant vont crescendo sur le mode opératoire calamiteux. Mais pas seulement: les
détracteurs brocardent aussi le contenu des nouveaux programmes. Pour Hélène Gaborit, l'enseignante d'Alfortville, comme pour d'autres internautes de Rue89, la nouvelle mouture est "rétrograde"
parce qu'ils privilégient "des apprentissages mécanistes et la mémorisation":
L'institutrice de CP-CE1 d'Alfortville n'est pas la seule à protester contre les textes dont elle a pris connaissance: Rue89 a reçu plusieurs témoignages en ce sens et la mobilistion s'accélère
sur le Net.
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